De Bruxelles à Bogota…

par  Isabelle Durant et Marie Nagy avec le soutien actif de Dimitri Lemaire

Il y a quelques mois, Marie et moi rencontrions le Secrétaire général de la FIDH en Colombie, Luis Guillermo Perez. Il défend aujourd’hui les victimes des agissements du DAS (les services secrets colombiens).

Sous l’autorité directe de l’ex-président Uribe, des centaines de défenseurs des droits de l’homme, journalistes, opposants, syndicalistes ont été intimidés, menacés, contraints de s’exiler voire portés disparus. Par des moyens tels que des écoutes téléphoniques illégales, le DAS s’est infiltré partout et a même espionné des ONG belges et espagnoles ainsi que la Commission des Droits de l’Homme au sein du PE.

Alors que des procédures disciplinaires et judiciaires sur cette affaire sont en cours et qu’une commission d’accusation du PE auditionne l’ex-Président Uribe, ces victimes et ceux qui les défendent se sentent en danger. Une visite de la Vice-Présidente du PE serait, nous disent-ils, de nature à mieux garantir leur protection et, si pas la bonne fin, en tous cas une pression pour établir les responsabilités dans ces affaires.

Nous décidons de mettre cette visite en place et partons à la-mi juillet pour 8 jours intenses de visites et rencontres à Bogota. Nous rencontrons ces différentes victimes, mais aussi le Vice-Président colombien, les autorités, l’administration, les acteurs de la justice et des médias. Nous mesurons l’ampleur de l’affaire et la nécessité que toute la lumière soit faite. C’est une question de crédibilité pour le nouveau gouvernement de M. Santos, successeur d’Uribe, qui semble vouloir prendre distance avec le passé par la promulgation de la loi sur les victimes et la restitution des terres (4 millions de personnes spoliées et déplacées) et une autre sur le contrôle des services secrets. Mais tout reste à faire et les premières étapes de leur application constitueront un test. La lutte contre la corruption et l’impunité, contre la violence des paramilitaires et des FARC, prendra du temps. Il faudra aussi que les mentalités changent à tous les étages de la société colombienne et en particulier au sommet.

Lors de notre conférence de presse de clôture de notre visite, à la délégation de l’UE à Bogota, nous avons considéré que l’ex-Président colombien Uribe avait à tout le moins une responsabilité politique dans cette affaire des services secrets colombiens. Cela nous a valu un tweet immédiat d’Uribe : “Isabelle Durant, guérilléra ! Elle a des amis dans la guérilla marxiste. Cette justificatrice du terrorisme est venue en Colombie appuyer des calomnies.”


Cet article a été publié le 26 septembre 2011 par Marie Nagy


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