Construire ou reconvertir des bureaux ?

Chercher un logement à Bruxelles n’est pas une sinécure aujourd’hui ! La problématique est notamment liée à la quantité de bureaux laissés en vacance face à un manque qui se fait de plus en plus cruel au niveau du logement. L’idée est donc de reconvertir ces bureaux en logements ou équipements collectifs.

La question que j’ai alors posée à Charles Picqué, au cours de la Commission Aménagement du territoire, est de savoir pourquoi le secteur des bureaux est un domaine dans lequel les investissements privés restent attractifs ?

Il convient effectivement à s’interroger sur la manière dont ce marché est structuré. Pourquoi est-il intéressant de continuer à investir dans un secteur qui produit un surplus important de bureaux par rapport à la demande, soit un million et demi de m² vides ? Quels sont les mécanismes qui expliquent cette situation ?

Je me dis dès lors qu’il serait très intéressant d’analyser les mécanismes fiscaux qui favorisent le phénomène des bureaux vides. En effet, grâce à l’ingénierie fiscale, certaines sociétés ont intérêt à être propriétaires d’un bâtiment qui reste inoccupé durant un ou deux ans, voire davantage.

Je tiens également à rappeler que l’augmentation de la population qui est prévue se focalisera certainement sur une population à faibles revenus qui n’a accès ni au haut, ni même au moyen de gamme. Or les bureaux qui seront reconvertis se situeront bien dans le haut de gamme…

Le problème est que tout le marché s’oriente vers la tranche de revenus élevés. Il serait, pourtant, possible d’envisager des reconversions dans des quartiers où les immeubles de bureaux sont peu recherchés. Nous pourrions alors créer de petits et grands logements atypiques pour une population à faibles revenus. Mais il semblerait y avoir peu d’amateurs, au niveau régional ou communal, pour développer ce type de projets. La capacité contributive fiscale de cette population n’est pas assez élevée…

Charles Picqué explique alors qu’une étude sur ces mécanismes fiscaux est en train d’être finalisée.

Quant à la manière d’éviter la fiscalité, il existe des moyens d’exonération qui portent notamment sur l’impôt des sociétés, poursuit-il. Ces moyens consistent en l’obtention d’une réduction des impôts en faisant apparaître au bilan le manque à gagner produit par le vide, soit la vacance. Selon lui, cela devrait être autorisé pendant un certain délai.

Il revient également sur la production de logements à caractère social en exprimant sa préférence pour la redistribution des recettes. Mais il souhaite aussi développer des formes de partenariat.

Il termine par la question à savoir si des bureaux ne sont pas autorisés parce qu’ils produisent des charges d’urbanisme et donc des recettes. Il insiste sur l’idée qu’il ne s’agit pas là de l’objectif premier. Mais ces charges participent à l’amélioration des conditions de vie dans le quartier. Elles doivent donc permettre de produire du logement, d’améliorer les espaces publics ou de réaliser des équipements collectifs.


Cet article a été publié le 25 janvier 2011 par Marie Nagy


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